Dans un monde complexe, interdépendant, les états démocratiques sont menacés par des multiples crises superposées (culturelles, institutionnelles, politiques, internationales, etc.), qui sont amplifiées, importées, créées et répandues par les nouvelles technologies de communication, par les réseaux sociaux et par le mass-media, en temps réel.
La dépendance aux réseaux sociaux, et au divertissement, au détriment des activités intellectuelles et de la recherche individuelle, a cultivé l’émotion au détriment de la rationalité. L’intelligence artificielle générative attire les utilisateurs à trouver des informations faciles, sans effort intellectuel, mais sans avoir un œil critique, qui vient avec l’expérience et des connaissances bien consolidées, peut être dangereux. Le numérique est au centre de toutes nos activités, professionnelles et personnelles, qui maintenant n’ont pas une limite claire, à cause des téléphones intelligents, et peut devenir un piège pour nos démarches intellectuelles et professionnelles.
Cette situation a bien contribué à la hausse des partis politiques extrémistes qui gagnent des sympathisants et des votes en proposant des solutions simples et radicales qui représentent une menace pour la démocratie, pour l’état de droit et pour l’ordre public. Les partis politiques extrémistes s’opposent à l’Union européenne, aux coopérations internationales, et posent une menace à la paix.
Les extrémistes réclament l’incapacité des institutions publiques, des états et des organisations internationales à gérer les problèmes quotidiens et les situations de crise en utilisant un discours post-vérité, émotionnel. Ils proposent que nous retournions dans un passé idéalisé en rejetant les gains technologiques du présent et les promesses du futur. Dans le même temps, ils utilisent les numériques pour promouvoir leur discours populiste, souverainiste, extrémiste, anti-globaliste, anti-étatiste, anti-démocratique, anti-progressiste, contre la technologie, au détriment de l’humanité.
Les partis populistes en profitent aussi et gagnent du soutien en promouvant presque les mêmes sujets avec des solutions adoucies.
En plus, des acteurs malvoyants utilisent, sans restriction, la technologie digitale contre l’ordre public. (réseaux du trafic des personnes, des substances illicites, des biens, fraude des documents et fraudes en ligne, et bancaires, corruption et trafic d’influence, etc.)
Ainsi, le niveau de confiance dans les institutions publiques, dans l’état de droit, dans la justice et dans la politique a été affecté.
Le gouvernement et les institutions publiques centrales doivent gérer les crises, communiquer, faire des réglementations complexes en respectant les lois, appliquer et renforcer la loi avec des ressources humaines limitées et moins payées que leur domaine pour qu’ils soient responsables. Ils ont besoin de ressources humaines hautement spécialisées, bien préparées et impliquées. Dans ce contexte alarmant, l’intelligence artificielle est un catalyseur, et une réforme démocratique, administrative, politique pour l’Etat de droit est devenue une urgence.
L’étude, l’expérience professionnelle diverse dans le secteur privé, public (dans l’administration publique centrale) et dans la politique, ainsi que mon intérêt personnel pour découvrir des liaisons entre des problématiques différentes et l’influence, l’interdépendance de la culture, politique, locale, nationale, européenne, globale et, qui se reflète dans des institutions centrales de l’administration, m’a permis de faire une analyse synthétisée ci-dessous :
A. La Formation avant emploi
A.1. Les fonctionnaires connaissent la législation quand ils commencent à travailler à cause de la formation théorique de l’université et après les préparations pour l’examen d’emploi.
A2. L’étude théorique manque d’une capacité à bien comprendre les lois et la modalité de les appliquer, qui vient avec l’expérience professionnelle.
A3. La plupart des informations théoriques, qui ne sont pas utilisées, sont oubliées après quelques années, mais il reste la capacité d’identifier la location des informations.
B. La formation au commencement de travail
B1. Elle vient de compléter les connaissances théoriques avec quelques difficultés (particulièrement si c’est la première place de travail) :
B2. Les nouveaux employés doivent gérer un flux considérable d’informations pour s’adapter.
– Ils ont besoin de s’intégrer et de connaître l’environnement de travail (les collègues et les relations entre eux, les styles différents de travail, l’espace et les outils numériques, les procédures intérieures).
– Ils apprennent par:
– étude individuelle, des recommandations de son supérieur hiérarchique (les procédures internes qui ont un langage très spécialisé avec des concepts techniques qui ne sont pas publics).
– Suivre les personnes désignées pour la formation initiale, qui sont soumises à la subjectivité, et qui peuvent partager des informations partielles à cause de la compétition.
– les savoir-faire et la maîtrise viennent après une période difficile d’essais et d’erreurs qui questionnent/conteste les relations collégiales et le savoir-être.
C. L’attitude proactive des fonctionnaires est remplacée par l’esprit conservateur.
C2. La législation, les procédures et les tâches qui ne sont pas souvent utilisées sont oubliées et un automatisme d’accomplir les tâches s’installe.
C3. Le caractère conservateur des institutions publiques comme une adaptation aux changements : (particulièrement pour les institutions publiques où les conducteurs sont nommés souvent par négociations politiques).
– une institution soumise constamment au changement, développe une culture conservatrice comme adaptation, sans avoir des outils ciblés aux changements.
– les conducteurs sont nommés par un mandat politique selon les critères investis par les votants, qui en général demandent des changements ;
D. La confiance dans la politique et dans l’état de droit est affectée.
Les institutions gouvernementales sont soumises à un manque de confiance. (particulièrement les institutions gouvernementales centrales qui n’ont pas le facteur de proximité)
– les cas de corruption et de criminalité sont intensivement médiatisés.
– les mesures anticorruption et contre la criminalité ne sont pas suffisamment médiatisées.
– les activités, bénéfices et résultats des institutions publiques pour la société ne sont pas médiatisés.
– les fonctionnaires, les experts et les spécialistes d’état, en général, ne recherchent dans le mass-media les nouveautés concernant leur domaine de travail.
En conséquence, j’ai pensé à une possible solution pour améliorer la situation.
Premièrement, je crois qu’il est nécessaire d’avoir plusieurs débats sur des sujets présentés dans le mass-media, avec une implication des experts d’état, des représentantes des organisations et institutions privées nationales et internationales et avec des formateurs d’opinion.
Il est nécessaire d’encourager les débats entre des groupes avec des visions et opinions opposées. La nécessité des débats doit être étendue au niveau de la société pour que ses représentants trouvent facilement des compromis acceptables pour une vision politique plus unitaire, durable, qui avantage l’intégrité et la coopération, face aux changements et aux crises successives. Il faut inviter les parties de la société civile à débattre entre elles sur des sujets d’intérêt dans leurs domaines d’activité.
J’ai identifié quelques sujets pressants maintenant, sur la confiance et l’objectivité des institutions publiques locales, centrales et internationales, les entités privées, le mass-media. Sur la confiance et l’objectivité et dans les domaines de la santé, de l’économie et finance, de la justice, de l’éducation, de la sécurité et de la défense, du marché du travail, de l’environnement, de la communication, de la légifération et réglementation, et de leur mise en œuvre. C’est dans la politique en général et aussi les bénéfices de la science et technologie, la direction de la culture, les traditions et les religions sont mises en question chaque jour, dans le numérique et sont amplifiées par les nouvelles technologies.
Pour ces raisons, je crois qu’il est nécessaire d’ajouter quelques activités tous les jours sur l’agenda de tous les fonctionnaires : l’étude de la législation, la surveillance des médias, et d’étendre les débats publics.